rivieresLe Centre Joë Bousquet présente du 16 décembre au 17 mars 2012 dans les salles d'exposition du premier étage de la Maison Bousquet (53 rue de Verdun à Carcassonne) une exposition consacrée à l'aventure singulière des Editions de Rivières, dans le sillage de Pierre-André Benoit.

Les éditions de Rivières ont été créées par Jean-Paul Martin, cousin de Pierre-André Benoit, qui comme son illustre aîné, rassemble peintres et poètes pour réaliser des livres d'artistes tirés à un petit nombre d'exemplaires. A ce jour, les éditions de Rivières ont mis en circulation plus d'un millier de titres ! 

C'est cette expérience unique dans le monde de l'édition artistique que le Centre Joë Bousquet vous invite à partager. Le vernissage a lieu vendredi 16 décembre à 18 h.

En attendant, quelques notes à propos des éditions de Rivières.   

 

Faire un livre, par Pierre-André Benoit


Faire un livre, c’est amonceler des pages et chaque page est un tableau. C’est évident pour celle où il y a une gravure. Cela l’est moins pour une page de texte. C’est pourtant dans sa conception un papier collé. Travail plus complexe pour la couverture. Pour ma part j’ai toujours procédé non en établissant un plan mais en découpant chaque ligne ou bloc et en faisant un collage. Je ne garde pas souvent mes préparations qui sont plus que des compositions, qui pourraient telles quelles se suffire, que ce qui devient page de livre. Dans l’entassement il faut, comme un accrochage de tableaux, que la succession de pages joue entre elles.

rivieres2Un livre, pour ma part, est entrevu avec l’oeil du peintre. Peut-être qu’une peinture est entrevue avec l’œil du typographe. Ce qui fait qu’un livre est plus qu’un livre et une peinture autre chose qu’une peinture. J’ai peint surtout non pour illustrer mais pour faire des pages de livres, d’où de petits formats, et depuis toujours enclin pour une série au même format, et d’en faire, d’un tas à feuilleter, un livre. La peinture n’est-elle pas une sorte d’écriture ? Je dis la même chose aussi bien en écrivant ou en peignant mais selon plus particulièrement d’une façon ou d’une autre, une écriture étant plus adéquate que l’autre pour dire ceci ou cela, comme subsidiairement il y a la prose ou la poésie, le collage, le dessin ou la peinture.

Je n’aurais pas fait des imprimés comme j’en ai fait si je n’étais pas peintre. Je n’aurais pas fait des peintures comme j’en ai faites si je n’avais pas été typographe. L’exigence est la même. Le plus de l’imprimé vient de l’autre désir. La rigueur ailleurs vient de celle du plomb.

L’aérien a une autre source.

@Pierre André Benoit

 

Et quelques mots du poète Gaston Puel

« … PAB, c’est l’histoire d’un artiste-artisan-poète qui a créé de la valeur sans souci de sa valeur d’échange. Bien sûr, avec le temps, sa production a subi les lois inexorables du marché, mais jamais elle n’a été conçue pour un échange commercial. Alors que nous assistons à la fabrication culturelle sur demande d’un marché attisé par le vent des médias, alors que des artistes fonctionnaires appliquent des recettes qui promettent succès et gros tirage, je veux croire que l’histoire de PAB contient un message d’espoir et de dignité. »

Pour en savoir plus : le site officiel des éditions de Rivières

Exposition ouverte du mardi au samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Fermé le dimanche, le lundi et les jours fériés.